Le boom du podcast

Lorsque vous prenez les transports en commun regardez comment s’occupent les gens autour de vous. Si beaucoup auront leur casque vissé sur leurs oreilles il y a fort à parier qu’ils soient en train d’écouter des podcasts.

Apparus il y a une quinzaine d’années en France les podcasts dits natives sont des programmes créés pour être écoutés sur internet. Le nom podcast est lié à l’invention de l’iPod d’Apple. C’est la contraction de iPod et « broadcast » qui signifie diffuser en anglais. Ainsi le nom indique clairement que ces podcasts sont créés et exclusivement diffusés sur internet. Sans être rattachés à des programmes existants, ces nouveaux contenus sont plus libres dans leur forme et leur sujet. Merci internet !

Un public jeune et adepte du numérique

Dans un rapport du CSA paru en 2019 on apprend que 9% des français écoutent des podcasts natifs toutes les semaines. Soit 3,4 millions de personnes. Les auditeurs de ces programmes sont majoritairement jeunes puisque 58% ont moins de 35 ans. Autre caractéristique du public des podcasts, ils vivent dans les grandes villes. En effet, 69% d’entre eux vivent dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Evidemment ces auditeurs consomment du contenu culturel sur internet (75% d’entre eux écoutent de la musique sur les différentes plates-formes de streaming). Rajoutons que près d’un quart d’entre eux sont des lecteurs réguliers de livres audio.

Preuve du succès des podcasts natifs, on nous informe dans l’étude du CSA que 3 auditeurs sur 4 seraient prêts à payer pour avoir accès à leurs podcasts favoris.

De l'amateurisme au professionnalisme

Il y a encore quelques années les premiers podcasts natifs souffraient de la comparaison avec les programmes professionnels. Désormais avec l’engouement créé par ces nouveaux contenus audio l’objectif est d’obtenir un modèle économique viable.

Les principales structures sont ce que l’on appelle des « networks » qui sont des réseaux produisant et diffusant leurs propres contenus. Parmi les plus connus en France on retrouve « Binge Audio » ou « Nouvelles écoutes » qui produisent une vingtaine de différents podcasts.

Leurs programmes, diffusés gratuitement sur les différentes plates-formes (YouTube, Spotify, Deezer, ITunes) ont comme principale source de revenus la publicité incluse dans les programmes. Prenons le cas de « Binge Audio » dont 40% du chiffre d’affaires provient de publicités à l’intérieur des programmes. Le reste des revenus proviennent des contenus de marque, ces podcasts réalisés à destination des annonceurs. Enfin, 10% des revenus proviennent de contenus payants pour les abonnés.

De diffuseurs à producteurs

Les plate-formes de streaming sont devenus aujourd’hui des acteurs majeurs de la création de podcasts. Depuis peu, Spotify et Deezer créent leurs propres podcasts natifs réservés à leurs abonnés. La plate-forme de streaming suédoise a investi 500 millions de dollars en 2019 pour créer des programmes originaux. Le développement du podcast permet d’augmenter la marge des plates-formes. En effet, Spotify n’est pas rentable à cause du paiement des droits d’auteurs des différents artistes présents. Il est donc nécessaire pour elles d’être moins dépendantes des majors musicales.

De plus le marché publicitaire du podcast américain est en plein essor. Rapportant 402 millions de dollars en 2018, il devrait en générer 659 millions en 2020.

Force est de constater que les podcasts natifs ont encore de beaux jours devant eux.

Jules Cros

 

Dans la même veine, la WebTV aussi rencontre un succès fou et mérite de s’y intéresser davantage sur « TV vs WebTV, l’idylle des nouveaux animateurs ».

 
 
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