La dysmorphie Snapchat, une réalité sous filtre

Portrait d'une femme à travers un filtre

Les réseaux sociaux proposent une panoplie de filtres sur leurs interfaces. Au début, divertissants, aujourd’hui ce phénomène soulève un véritable problème de société : la question de la dysmorphie. Le renvoi d’un reflet idéaliste qui perturbe la perception de soi.

Les filtres Snapchat : les miroirs 2.0

Avoir une tête de chat, porter une couronne, arborer des oreilles de lapins ou encore avoir un aperçu de son visage avec 40 ans de plus, c’est désormais possible !  Que cela soit sur Snapchat Instagram ou Facebook, chacun d’eux offre à l’utilisateur une version de lui-même modifiée à travers plusieurs styles de filtres. L’un des plus célèbres est celui permettant d’avoir un visage de poupée. Celui-ci gomme les imperfections, agrandi les yeux, affine le nez et creuse les joues. Très célèbre chez les jeunes filles, des figures célèbres comme Kim Kardashian l’utilisent aussi.

Un phénomène récent

En 2018, un chirurgien américain sonne l’alarme face à ce phénomène en témoignant pour le journal The Independent. Son constat est sans équivoque : un nombre important de femmes font appel à ses services pour ressembler au reflet qu’elles voient lorsqu’elles utilisent ce filtre. Leur portrait numérique devient parfois une obsession entrainant alors un mal être. Depuis, les témoignages se sont répétés et le terme de Dysmorphie Snapchat est apparu. Cela correspond à la déformation d’un ou de plusieurs de ses membres à travers l’utilisation d’un filtre. 

Des conséquences chez les adolescents

Comme l’explique L’Express , l’adolescence peut être une phase où l’on se cherche et où l’on se questionne vis-à-vis de soi. Les filtres, renvoyant une vision idéaliste du visage peuvent faire naître chez les jeunes adultes des problèmes d’acceptation de soi. Face à ce problème, Instagram a décidé de réagir et de supprimer le filtre « beauté » fin de l’année 2019. Afin que l’expérience des filtres reste positive, le réseau social offre désormais la possibilité à l’utilisateur de créer son propre effet. Cette évolution saura-t-elle enrayer l’effet pervers des filtres ?

Camille Pierron

Dans un registre un peu différent mais sur l’idée de l’expression de soi retrouvez notre article « Une histoire d’émojis »

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