Un algorithme pour éviter le plagiat en musique

Plus grand fardeau des musiciens, le plagiat va peut être bientôt connaître sa fin. Deux musiciens développeurs ont créé un algorithme qui génère toutes les mélodies possibles dans la pop.

68 milliards de mélodies mises dans le domaine public

Damien Riehl et Noah Rubin, deux développeurs américains, ont deux passions : la programmation et la musique. Ils ont donc décidé de les mêler entre elles afin de créer un algorithme permettant de protéger les musiciens du plagiat. Proposée lors d’un TED Talk, leur idée est que la musique fonctionne comme des mathématiques et que les musiciens composent en piochant dans un nombre limité de mélodies Pour cela, ils ont eu l’idée de créer un algorithme capable de générer toutes les mélodies possibles dans la musique pop. Ils ont converti toutes les mélodies en MIDI, format peu ou pas protégé par les droits d’auteurs de part leur format dans lequel les notes sont converties en chiffres. Par exemple, la suite de notes do, ré, sol, ré deviendrait sous le format MIDI, 1,2,5,2.

Pour Damien Riehl, il est donc difficile d’engager des poursuites judiciaires pour une suite de chiffres. Les deux musiciens ont donc appliqué l’algorithme aux notes principales (Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do), et, au rythme de 300 000 mélodies par seconde, ils sont arrivés à 68,7 milliards de mélodies encore possibles.

Quel est le but de la démarche ?

Pour Damien Riehl et Noah Rubin, leur but est de supprimer les procédures judiciaires concernant le plagiat en musique qui peut bloquer la créativité des musiciens et qui peut également leur coûter très cher. George Harrison, Pharrell Williams ou encore Katy Perry ont tous les trois eu affaire au plagiat. Le premier aurait plagié He’s so fine des Chiffons, tandis que Pharrell Williams aurait plagié Marvin Gaye pour son titre avec Robin Thicke, Blurred Lines, enfin, Katy Perry a dû verser 2,7 millions de dollars à Marcus Gray, rappeur américain, pour son titre Dark Horse.

Pour éviter ce genre de situations, les deux compères ont décidé de publier 600 gigaoctets de mélodies sous Licence Creative Commons Zero, sur le site Internet Archive, rendant ces mélodies libres d’accès et non sujettes à une quelconque poursuite judiciaire.

Une mélodie se limite-t-elle à une suite de notes ?

Pour Béatrice Thiriet, compositrice et commissaire à la SACEM interviewée par la RTBF, « Ils ne parlent que des notes, pas du rythme ou de l’accentuation… ». Leur définition d’une mélodie est donc floue et se rapproche trop des mathématiques pour pouvoir affirmer que les « mélodies » que l’algorithme a trouvées soient les dernières restantes. Béatrice Thiriet rajoute que « L’expérience est intéressante, mais entre elle et la vérité, il y a un grand fossé. Comment prétendre que tout a déjà été composé ? ». Les mélodies sont donc loin d’être épuisées puisque la musique n’est pas une suite de chiffres que l’on pourrait retrouver en mathématiques, mais l’expression d’un artiste et de ses sentiments.

Ted Talk de Damien Riehl intitulé, Copyrighting all the melodies to avoid accidental infringement.

Julien Fedunizin

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